6 juil. 2015

5 mois plus tard

J'ai longtemps hésité avant d'écrire un billet sur le retour. Certainement parce qu'il aurait été radicalement différent en fonction du jour où je l'aurais écrit. Quand je lisais que le retour au pays était comme une expatriation à l'envers, je ne comprenais pas trop. Tout est familier pourtant. Maintenant que je suis moi-même ré-embarquée dans le grand huit émotionnel depuis 5 mois, je comprends mieux. 




Un peu comme le départ, le retour a le côté stressant / épuisant des différentes démarches à faire. Trouver un logement, faire les papiers, prévenir les différents organismes de notre retour (coucou les impôts et la sécu ! ), prendre rendez-vous avec l'homme béni qui vient installer la fibre optique. Ca n'arrête pas. 

Puis, un jour, retour au quotidien un peu plat et à son train-train. On s'était promis de garder la bonne habitude de faire les touristes le week end, même si c'est tout proche de chez nous. Mais finalement, on ne l'a jamais fait. Ca n'avait pas le même charme. Et puis, le samedi, c'est le jour des courses en France (tous les magasins qui ne sont ouverts que jusqu'à 20h et même pas le dimanche, c'est très peu pratique, c'est qu'on s'y fait, finalement à tout ça).




J'ai repris le boulot depuis 5 mois. J'ai attendu ce moment, pourtant je ne peux pas dire que j'étais impatiente d'y retourner. Parce que je me suis bercée d'illusions. Je voulais me persuader que j'allais retrouver ma vie super chouette d'avant les Etats-Unis. Or ce n'est pas le cas. Au fonds de moi je le savais, mais je préférais ne pas y penser, me disant que tous les aspects positifs de la vie en France me feraient oublier que je n'avais pas récupéré mon ancienne vie. C'est parfois vrai. Certains jours, c'est vraiment top de voir la famille et les amis, de se balader en ville (je fais une utilisation intensive de mes pieds), de manger de bonnes choses. Mais globalement, j'ai un peu surestimé le pouvoir de la choucroute au poisson et des bouchées à la reine. Je ne reprends pas ma vie là où le je l'avais laissée en partant. Et ça, ce n'est pas toujours facile à accepter (mais avec une part de tarte au fromage, ça passe quand même mieux). Mon travail ne me satisfait plus autant qu'avant, il faut dire qu'il est aussi beaucoup moins intéressant, globalement parce que je n'en attends plus la même chose. Ni de la vie non plus. Je n'avais jamais imaginé ma vie autrement qu'en travaillant en France. J'avais peu d'ambition concernant ma vie privée : acheter une maison, avoir des enfants, une petite vie tranquille. La parenthèse californienne m'a fait goûter à autre chose, envisager une autre façon de mener ma vie, sortir du métro-boulot-dodo (même si j'aurais demandé dès que possible une autorisation de travail, maintenant que les détenteurs de visas H4 y ont droit. Ou comment se rater de 3 mois...). Tout est chamboulé, tout est différent. Ou pour être tout a fait exacte, je suis différente.

Tout ceci me mène doucement et surement sur la pente du regret. Certes, tout n'était pas parfait en Californie et je n'oublie pas les moments difficile, mais à la lumière de ce que je sais aujourd'hui, je ne serais pas rentrée il y a 5 mois. Jamais je n'aurais imaginé ne plus me sentir complètement chez moi dans ma ville, ma belle Strasbourg. Maintenant, il faut faire avec. Mais à présent que j'ai goûté à la vie ailleurs, je remettrais bien le couvert autre part.




9 commentaires:

  1. coucou !!!

    je suis toute contente d' avoir de tes nouvelles même si ça me rend triste de savoir que tu arrives a presque regretter ton retour en france! je dois dire que depuis que je suis dans le michigan je pense souvent à toi, et je comprends amplement ton article " quand la mayonnaise ne prend pas" et je me retrouve complètement dans cet article la , car j'ai le sentiment d'avoir désormais " le cul entre deux chaises "!
    pour le moment j'essaye de positiver et de relativiser en me disant que je ne suis aux us que depuis 6 mois, on vera ce que l'avenir nous réserve !
    tu envisages un changement de boulot peut être ?

    aurélie

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  2. Avec le recul que tu as gagné, je suis sûre que tu vas réussir à faire avancer ta vie dans le chemin que tu veux lui faire prendre. Ce n'est pas immédiat, mais le fait d'en avoir conscience est essentiel !
    Des bises de Californie !
    Laura*

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    1. Merci pour cet adorable mot ! Plein de bises de la France (caniculaire, c'est l'horreur)

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  3. Je t'envoie un wagon de courage!

    Quand tu dis expatriation à l'envers, tu veux dis "comme une nouvelle expatriation" ou encore autre chose ?

    Je m'habitue pas ici aux magasins le dimanche, j'aime pas ça, ça devrait pas trop me choquer une fois de retour en France :)

    Bon courage pour ton boulot, j'espere que ça va mieux aller pour toi après l'été! Si vous revenez par ici tu me fais signe! Je t'attends de pied ferme!

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    1. T'inquiète, tu seras la première au courant ! Pour l'instant, on a un an de réflexion devant nous, mais qui sait, tout change sans arrêt dans notre vie :P

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  4. Bonjour !
    Tu fais bien de poster ce message. D'une part, tu satisfais en partie ma curiosité naturelle (je me demandais ce que tu devenais, même si tu n'as pas expliqué les tenants et aboutissants de ton retour avancé), mais surtout, tu parles d'un sujet qui semble un peu tabou même s'il est important.
    L'expatriation se présente toujours comme quelque chose d'idyllique. Je suppose qu'on est tous coupables de se présenter sous notre meilleur jour, peut-être pour justifier auprès de nos proches que ça valait la peine de partir si loin et si longtemps. Mais ce n'est pas toujours facile, et le retour doit créer aussi un sacré décalage. Évidemment, en un an, tu as beaucoup changé, alors qu'en France tout est resté pareil…
    Bon courage en tout cas pour te ré-acclimater à la France !

    @Karine : moi, je suis accro aux magasins ouverts jusque 23h même le dimanche ! C'est quand même bien pratique parfois…

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  5. Ah... le bilan ! ;) Ca fait beaucoup de changements aussi, un an en Californie, puis le retour... beaucoup de chamboulements accumulés. Pour être en plein dedans en ce moment, je comprends ! Ca ira sans doute mieux, le temps que tout se restabilise, de regagner en sérénité et de reconstruire de nouveaux projets (peut-être pour repartir ailleurs alors ? :)). A bientôt !

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  6. Comme je comprends... ! Dis donc.. c'est qu'il est émouvant cet article.. j'en aurais presque la larme à l'oeil.
    Certes la france est un beau pays mais quand on a goûté plus ou moins longtemps à la prise de risque, à l'inconnu, à la mise en danger, au stress, à l'inconnu, à l'instabilité (je pourrais en ajouter encore et encore des qualificatifs) dure de retrouver la France et son quotidien !

    Je suis totalement d'accord avec toi, la France a un petit goût fade de trin trin dont on se passerait bien... Au final, tout cela me fait penser qu'on lit assez peu d'articles sur l'après expatriation. Les blogs s'arrêtent parfois tout nette. Cela peut se comprendre mais c'est souvent regrettable ! En tout cas, je vous souhaite bonne chance et bon courage a tous les deux pour (re)prendre votre vie française et qui sais ? on vous retrouve peut être bientôt en Europe ? Au Canada ou aux états-unis ?

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  7. hé .. je sais pour y être passé : une expérience comme celle là marque et dis toi, que du coup, tu saisiras n'importe quelle occasion pour repartir ... c'est ce que nous avons fait .. en rentrant du Maroc, nous ne pensions qu'à cela et 3 ans plus tard, nous sommes repartis sans nous poser de questions .. idem après être revenu une seconde fois .. cette richesse tu l'as et tu y arriveras parce que tu as gouté à la vie ailleurs

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